Actu du Moment

"Ecrire une série télé" 

Première étape dans la création d’une série télé, la rédaction de la bible est décisive dans le développement du projet. Fiche d’identité qui devra convaincre le producteur, elle comporte tous les codes et éléments essentiels qui se trouveront dans la série.

 

Illustré de nombreux exemples de séries à succès, cet ouvrage, unique en France, présente toutes les techniques pour rédiger ce document, de l’élaboration du concept en passant par l’écriture des fiches personnages jusqu’à la rédaction du pilote. Le petit plus ? De nombreux interviews de professionnels du milieu ; Hervé Hadmar, Xavier Matthieu, Jacky Ido, Jean-Luc Azoulay... 

 

Scénaristes en herbe, étudiants en cinéma, acteurs rêvant d’écrire, professionnels de l’audiovisuel ou passionnés de séries, tous pourront se lancer dans l’aventure en suivant pas à pas les conseils et la méthode proposée.

 

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Disponible depuis le 1er avril 2016.


Dossier de Presse

Quelques articles...

Festival Série Séries de Fontainebleau

A l'occasion du festival Série Séries qui se déroulait à Fontainebleau fin juin 2016, Karine a été invitée pour dédicacer ses livres ! 

Petit Plus

Le livre "Ecrire une série télé" est parsemé d'interviews de professionnels du milieu. Bien évidemment, tout ce qui a été dit n'a pas pu être inclus, sinon nous aurions eu 500 pages !!!! Vous trouverez ici en exclusivité quelques passages inédits !

 

 

Interview Jacky Ido... sur "The Catch", nouvelle série de SHonda Rhimes

 

Jacky, votre carrière américaine est en pleine ascension, puisque vous jouez dans une série made in Shonda Rhimes, créatrice de « Grey’s Anatomy », « Scandal » ou encore « How to get away with murder ». Racontez-nous tout !

J’ai tourné pour Shonda Rhimes ! Qu’est ce qu’on peut dire la dessus ?! J’ai fait « Taxi Brooklyn » avec Chyler Leigh, qui jouait dans « Grey’s Anatomy », et donc Linda Lowy, la directrice de casting de ShondaLand, m’a vu et ça a été la révélation car ça faisait longtemps qu’elle cherchait quelqu’un dans le même profil que moi. Elle a demandé mes coordonnées à Chyler et c’était parti. Je suis allé à Los Angeles, j’ai rencontré tout Shondaland, on a discuté. En sortant de là, c’était clair que j’allais faire quelque chose avec eux. A l’époque je devais faire Scandal Saison 05 et je n’ai pas voulu le faire. Aujourd’hui j’ai « The Catch », une série dont je suis l’un des personnages principaux, qui est taillée pour moi et qui me ressemble. Donc je suis super content. Tout découle de ce meeting et ensuite de la "pilote season" où j’ai été testé. J’ai eu 5 propositions différentes pendant cette pilote season. Là-bas, l’opportunité existe réellement. C’est dur de l’avoir, mais une fois que tu l’as, tu as ta place, c’est parti. En France, on ne voit pas comment m’employer.

 

La série « The Catch », c’est un jeu de chat et de la souris et moi je vais être le chat ! Je suis un agent du FBI. C’est un mélange de « Mission Impossible » et « L’affaire Thomas Crown » ! C’est une histoire d’organisation criminelle mondiale avec une firme qui enquête, avec des espions… C’est une série de 13 épisodes, très ambitieuse, avec Disney derrière qui donne les moyens à Shonda d’aller au bout de son idée.

 

Sur cette série c’est Julian Robinson qui est réalisatrice. Elle a eu un traitement qu’elle a développé puis qu'elle a proposé à Shonda. Shonda a placé Jenifer Sure, la productrice d’Hannibal. Elle a écrit le pilote mais il y a eu des divergences d’opinions, et c’est Allan Highbird qui a pris en charge la série. Il a ignoré le pilote et a tout refait ! On garde les mêmes personnages, les mêmes décors mais ce n’est plus du tout la même histoire !

 

Les téléspectateurs retrouveront Peter Krause (« Six feet under », « Parenthood ») et Mireille Enos (« World War Z », « The Killing »).

 

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Interview Roméo Sarfati... sur "L'Equipe" une série digitale de Canal+

 

En phase avec votre temps, en 2015 vous jouez le commandant Stan dans "L'équipe". Vous pouvez nous en parler ?

C’est la première web série thriller en France ! Ils l’ont balancée sur le web et ils se sont fait remarquer par Canal+ et c’est devenue la première série digitale, qui n’a jamais été diffusée ailleurs que sur la plateforme CanalPlay. Le réalisateur, Jérémy Minui s’est tout de suite dit que cette série était pour Canal+. Il a travaillé pour ça, il avait ça en tête dès le début. Canal+ voit ça, ça leur plaît, et le diffuse sur CanalPlay. La patronne de CanalPlay nous a dit que si ça fonctionnait un peu, ils sont partants pour une 2ème saison de « L’Equipe » tourné au Japon. Dans la 2ème saison, mon personnage de flic, Stan, se fera trahir par le ministère de l’intérieur et passera du côté voyou. Il y a de vraies belles scènes en prévision.

 

Est ce plus simple de jouer avec un réalisateur qui maîtrise tout de A à Z ?

C’est plus simple au niveau de la confiance. Inconsciemment, on se dit j’y vais, quoi qu’il me dise, je fonce puisqu’il maîtrise tout et il a l’air de savoir où il va. En fait, c’est l’image qui est insoumise, mais en réalité mon grand plaisir dans ce métier c’est de me mettre dans les mains des gens. J’aime qu’on me dise quoi faire, un peu comme une pâte à modeler et qu’on fasse ce qu’on veut de moi. C’est comme ça que j’envisage mon métier. Quand on travaille sur d’autres séries, chacun a son métier et on écoute chacun et c’est aussi un plaisir. J’adore quand on est dans cette espèce d’état second qui précède l’action. En fait, quand le moteur est lancé, on n’est plus vraiment là, mais juste avant on a entendu dix voix différentes qui nous dit prends la lumière comme ça, je t’ai mis un scotch là pour ne pas que tu dépasses, ton texte, n’oublies pas il faut que tu rajoutes ce mot là il est important, pour le maquillage ceci cela, tes sapes comme ça, l’angle de la caméra, le partenaire… C’est un autre mode de travail. Avec Jérémy Minui sur « L’Equipe », il n’y avait que Jérémy qui parlait. Tout passait par lui. L’avantage, c’est qu’avec un petit clin d’œil, un sourire, un truc, il envoie des informations aussi. C’est libérateur. Vivement la saison 2 !

 

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Interview Hervé Hadmar... à propos de "Pigalle, la nuit" et des "Témoins"

 

Comment est née l’idée de « Pigalle la nuit » ?

Beaucoup de gens me posent cette question et la réponse est souvent décevante ! C’est très instinctif au fond… Pour « Pigalle la nuit », j’étais dans le métro, la porte s’est ouverte, j’ai vu marqué Pigalle devant moi et je me suis dit, il y a une série à faire ! J’ai appelé Marc Herpoux, mon co-scénariste, je suis allé boire un coup à Pigalle avec lui. On est resté trois heures dans le quartier, assis à une terrasse de bistrot, à regarder les gens et on a imaginé petit à petit des personnages. Trois jours après on avait rendez-vous chez Canal +, ils avaient bien aimé la série que j’avais fait avant qui s’appelle « Les Oubliés » et ils voulaient bosser avec nous. Je leur ai dit j’ai une idée, ça s’appelle « Pigalle », je ne sais pas ce que ça raconte encore mais tout se passe dans ce quartier ! Comme je ne connais pas Pigalle, vous allez nous louer un appartement et on va y vivre pendant 4 mois ! C’est ce qu’on a fait !

 

Comment avez-vous eu l’idée des « Témoins » ?

Pour « Les Témoins », j’étais en week end romantique avec ma femme, pas trop loin de Paris. Elle avait sélectionné un relais château tout près du Tréport. Je me retrouve un week end d’hiver, au Tréport, avec la brume, le funiculaire… c’est un décor incroyable ! Je venais d’avoir cette idée de quelqu’un qui déterre les corps et qui les met dans des maisons témoins. Quand ces deux idées se sont associées, j’avais « Les Témoins ». Je me suis dit tout de suite, il y a deux flics, l’un des deux est retraité, il vient d’ici, il a un lourd secret et cette ville symbolise ce secret.

 

Comment s’est passée votre rencontre avec France Télévisions ?

Quand j’ai vendu « Les Témoins », je suis allé voir France Télévisions en pitchant l’idée : il y a quelqu’un qui déterre des corps dans un cimetière. C’est tout ce que j’avais, une phrase de pitch avec l’intention de faire une enquête policière qui part de quelque chose de très classique et qui petit à petit se dirige vers le thriller. Je savais que ce pitch fonctionnait. Il a d’ailleurs fonctionné partout dans le monde, sur Netflix, sur Channel 4, en Allemagne, en Russie, partout… Dans les retours que j’ai, ce qui plaît, c’est la direction artistique, la réalisation et la comédienne principale.

 

Quand vous avez écrit « Les Témoins » est ce que vous saviez qui allait jouer les personnages ?

Ca dépend des rôles. Pour Laurent Lucas, j’ai eu l’idée tout de suite. Pour Thierry Lhermitte, j’ai eu l’idée en cours d’écriture. Pour Marie Dompnier, c’est particulier. J’ai été à un stage de comédiens et je l’ai rencontrée. Il y avait 30 comédiens et je devais travailler 10 minutes avec chacun. Je travaille avec Marie Dompnier et je me dis cette fille a vraiment un truc. Elle a une énergie, un phrasé, la façon dont elle bouge, la façon dont elle parle… Bref, je tombe professionnellement amoureux de Marie. Je rentre chez moi pour écrire « Les Témoins » car j’étais juste au début du processus d’écriture de la série. A chaque fois que je tapais Sandra sur mon clavier, il y avait le visage de Marie Dompnier qui apparaissait dans ma tête. Je l’ai appelée et je lui ai dit que ça allait être compliqué de la vendre car elle n’a rien fait en télé, mais qu’on allait voir et ça l’a fait ! Pour Thierry Lhermitte, c’est simple. Très rapidement on a trouvé notre duo de personnages ; une vieille légende de la PJ qui va être confronté à une jeune femme inconnue qui va devoir faire ses preuves. C’est le duo classique de flics. Je voulais reproduire ça au casting, c’est à dire avoir une inconnue face à une légende chez les comédiens, quelqu’un de très connu, de populaire, qui porte un mystère quand on va le voir. Thierry Lhermitte s’est imposé car on n’a pas l’habitude de le voir dans ce genre d’histoire.

 

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Interview de Xavier Matthieu... à propos de "H" et de "Chefs"

 

Vous êtes l’un des créateurs de la sitcom « H », diffusée sur Canal +. Comment a débuté cette aventure ?

La naissance de cette série tient à une station de métro ! Je faisais de la direction de collection, je travaillais entre autre chez Fit Production, au moment des appels d’offres de Canal+ qui recherchait des sitcoms. Tout Paris avait proposé des projets, Fit Production était sur les rangs ; Jean Pierre Ramsay-Levi avait eu l’idée d’une sitcom qui se passait à l’hôpital, rien de plus. Je prends donc le métro et je croise Kader Aoun, que je n’avais pas vu depuis 2 ans. On discute rapidement, Kader à l’époque écrivait les éditos de Bruno Gaccio pour Canal+ avec Eric Lavaine. Moi, je lui parle de l’appel d’offre de Canal+ sur laquelle on travaille, on était à huit ou dix jours de la clôture. L’après midi, il m’envoie quatre ou cinq pages super drôles d’un projet qui s’appelait « What’s up doc », le premier titre de « H ». C’était vraiment marrant. On se met à travailler ensemble pour créer le premier argument de ce qui allait devenir « H ». On a déposé le dossier le dernier jour de l’appel d’offre… On était les derniers et aussi les moins fournis par rapport à d’autres projets très étudiés. « H » avait le mérite d’être frais et drôle et Kader a eu la bonne idée et tout le talent de penser tout de suite à Eric, Ramzy et Jamel pour le casting principal. Alain de Greef, qui était à l’époque le directeur des programmes de Canal+, devait choisir 10 projets, et « H » fut le 10ème choisi ! Ensuite, ces projets partaient en écriture de pilote pour au final n’en garder que 3. On s’est remis à écrire, on a proposé à Eric, Ramzy et Jamel de venir. Eric a co-écrit le pilote avec nous. On a posé notre épisode sur le bureau une fois de plus en dernier ! On était les outsiders de cet appel d’offre ! C’est Alain de Greef qui a vu le potentiel de cette sitcom notamment grâce à la présence de Kader Aoun, Eric, Ramzy, Jamel… Eric Lavaine nous a rejoint et c’était parti pour quelques années avec le succès qu’on connaît !   

 

Que contenait le dossier remis à Canal+ ?

C’était plus un argument ou une mini bible… C’était une pré-bible ; il y avait le concept de la série, l’arène, à savoir l’hôpital, les personnages principaux et des exemples d’épisodes, des petits pitchs. C’était assez court mais c’était très drôle et plein de bonnes idées, malgré toutes les maladresses et notre inexpérience de l’époque.

 

Comment s’organisait la création/l’écriture d’un épisode de « H » ?

A l’époque on était très inexpérimenté car le genre de la sitcom n’existait pas encore en France, aussi précis qu’aux Etats-Unis. On en a regardé beaucoup, on s’est documenté et on a finit par acquérir une technique, car la sitcom est un exercice très technique avec des codes, un certain nombre de séquences, des règles en matière de dramaturgie… On a essayé de recruter des auteurs, on en a vu beaucoup, on n’a fermé aucune porte. Ce qu’il faut savoir c’est qu’on avait 6 à 7 mois pour écrire les épisodes avant de partir en production, et on s’est rendu compte qu’on passait trop de temps à réécrire ce que nous proposaient les auteurs extérieurs, alors qu’on pouvait écrire les épisodes nous-mêmes entre auteurs-cadres. On a donc constitué des tandems avec les 7 ou 8 auteurs-cadres. Eric Lavaine et moi nous étions directeurs de collection et nous co-écrivions également tous les deux pas mal d’épisodes. Nous sélectionnions, validions et avions le dernier mot sur le développement des épisodes. Il y avait une certaine émulation entre nous tous.

 

En 2015, vous avez produit « Chefs » une série culinaire pour France 2, crée par Arnaud Malherbe et Marion Festraëts. Quelle est la genèse de ce projet ?

En l’occurrence, j’ai rencontré Arnaud Malherbe à La Rochelle où il avait reçu le prix du « Meilleur téléfilm » pour « Belleville Story » sur Arte en 2009. On a bien accroché, il m’a dit qu’il avait envie de faire une série sur la cuisine d’un restaurant vu comme un sous marin en temps de guerre, avec des gens d’origines sociales différentes dans un univers très hiérarchisé. Moi j’avais vu son téléfilm, qui était super bien écrit avec une bonne réalisation et ça m’intéressait de bosser avec lui. Avec Marion Festraëts, ils avaient vu des documentaires, ils étaient habités par le projet. J’ai débloqué l’enveloppe pour écrire un argument, une sorte de pré-bible. Ils ont écrit un concept de série avec les personnages principaux, l’univers dans lequel ça se passait. On a remis le dossier à France 2 qui a été séduit et tout s’est enchaîné rapidement. Ce document transpirait l’envie, la sincérité ; ce n’est pas une condition suffisante, mais elle est nécessaire. Il y avait une vraie vision. On avait mis également quelques visuels qui correspondaient à l’univers de la série.

 

Vous êtes producteur chez Calt. Quelle est la ligne éditoriale de Calt ?

Calt est une filiale de Robin&Co. Chez Calt on produit des programmes courts, du flux, en passant par du 26 minutes comme « Héros Corp », de la fiction low cost, des webs séries, de l’unitaire… Moi je m’occupe de Calt Studio qui gère toutes les séries primes et lourdes du groupe. La ligne éditoriale répond aux mutations d’aujourd’hui. On fait plutôt des séries d’auteurs, de créateurs, avec des univers extrêmement forts, à vocation française et/ou internationale. Le point commun de ces projets est de défendre des propositions fortes avec de la singularité et de l’authenticité du point de vue des auteurs.